PARIS (Reuters) - Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, a démenti avoir parlé de conditions à la présence du président Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, le 8 août.
Dans un entretien publié par Le Monde daté du 6 avril, Rama Yade évoque "trois conditions indispensables" pour que le chef de l'Etat assiste à la cérémonie d'ouverture, parmi lesquelles l'ouverture d'un dialogue entre la Chine et le dalaï-lama, le chef spirituel des Tibétains accusé par Pékin d'avoir fomenté les récents troubles au Tibet.
"Je tiens à indiquer que, lors de l'entretien que j'ai donné à un journaliste du Monde, le terme de 'conditions' n'a pas été employé", déclare-t-elle dans un communiqué.
Contacté, le quotidien a déclaré au contraire avoir "fidèlement retranscrit les propos de Rama Yade".
Dans son communiqué, la secrétaire d'Etat dit avoir veillé, "comme depuis le début de la crise au Tibet, à exprimer la position de la France en termes précis".
"Le président de la République a déclaré que toutes les options sont ouvertes, qu'il se prononcera, le moment venu, en fonction de l'évolution de la situation au Tibet quant à sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques", ajoute-t-elle.
"PLUTOT A DHARAMSALA"
Dans l'entretien retranscrit par Le Monde, Rama Yade explique que le chef de l'Etat "prendra sa décision au regard de l'évolution des événements actuels et s'exprimera après avoir consulté nos partenaires européens, car il parlera alors en tant que président en exercice de l'Union européenne".
"Néanmoins, trois conditions sont indispensables pour qu'il s'y rende", ajoute-t-elle en citant "la fin des violences contre la population et la libération des prisonniers politiques, la lumière sur les événements tibétains et l'ouverture du dialogue avec le dalaï-lama".
Elle précise que le dialogue avec le chef spirituel des Tibétains doit porter sur "la reconnaissance de l'autonomie tibétaine et de l'identité spirituelle, religieuse et culturelle" du peuple tibétain.
Lors d'une conférence de presse à Paris, Robert Ménard, président de Reporters sans Frontières qui est en première ligne pour demander que les dirigeants politiques du monde entier n'assistent pas à la cérémonie d'ouverture, est revenu sur le démenti de Rama Yade.
"J'aurais aimé que la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme ait tenu ces propos et que ces conditions aient été exigées mais pour l'instant je ne peux pas commenter des déclarations qui n'ont visiblement pas été tenues", a-t-il dit à Reuters avant la publication du communiqué de Rama Yade.
Priée de dire, dans l'interview au Monde, si elle sera sur le parcours de la flamme olympique lundi à Paris, la secrétaire d'Etat répond que ce rôle revient traditionnellement aux ministres des Sports, en l'occurrence Bernard Laporte et Roselyne Bachelot. "Moi, aujourd'hui, j'aimerais plutôt être à Dharamsala" (ville du nord de l'Inde où vit en exil le dalaï-lama), ajoute-t-elle.

